Introduction
Dans le cadre d’un concours d’art, Les Saisons au fil du temps, organisé par Lépine-Versailles, nous avons recueilli les témoignages de différents participants à cette activité.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Bonjour, je m’appelle Marie-Dominique CURTAY.
J’ai été danseuse classique pendant 25 ans dans une école de danse que j’ai créé « L’atelier chorégraphique de Versailles » Des suites d’un grave accident qui m’a contraint à arrêter pendant 10 mois, j’ai finalement repris en sachant que je ne pourrais pas réaliser mon rêve : exercer jusqu’à mes 80 ans.
Un jour, le ministère de la culture m’a proposé au vu de mon parcours de faire un stage de kinésiologie de trois ans avec Jean Guizerix, ancien danseur étoile de l’Opéra de Paris. La kinésiologie danse est une manière d’aborder la technique de la danse et le corps.
Un jour, lors d’un congrès professionnel, mon époux qui est médecin a découvert la thérapie par la kinésiologie. Le formateur de la soirée l’a testé, et il a été impressionné par les résultats du test musculaire. Le contenu du rapport de mon époux m’a interpellée. Il m’a inspiré à explorer différents aspects qui pourraient se combiner avec la kinésiologie de la danse. Après m’être informée, j’ai entamé la formation dès la rentrée scolaire. J’ai exercé pendant une trentaine d’année.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à cette exposition d’art ?
Le projet c’est présenté, et Prune (Animatrice du CRT) m’a convaincu de participer. J’ai toujours été dans le domaine artistique, et j’avais envie de tester beaucoup de choses, alors je me suis laissé entraîner.
Pouvez-vous me parler de l’œuvre que vous avez réalisée ?
J’apprécie énormément « Les quatre saisons » de Vivaldi, et je me suis inspiré de ce que l’écoute du morceau m’inspire pour moi-même écrire.
J’ai choisi l’écriture car pour moi, cela symbolise le secret. Il faut savoir décrypter, aller au-delà de ce qui est perceptible, car cela reste un art que chacun perçoit selon sa compréhension. C’est pour cela que je suis partie sur une écriture en déclinaison, entre ce que l’on voit, ce que l’on perçoit, et ce que l’on ne voit pas. Ensuite, pour représenter ce que l’on ressent, j’ai choisi une couleur forte, le rouge, pour symboliser la force des émotions.
Comment s’est déroulée la création ? Avez-vous rencontré des difficultés, des moments de plaisir particuliers ?
Comme j’ai toujours aimé écrire, pour moi comme pour mes proches, l’exercice n’a pas été difficile et m’est venu naturellement. C’est ma façon de m’exprimer maintenant que je n’ai plus la danse.
Y a-t-il une saison qui vous touche particulièrement, et pourquoi ?
Le printemps pour moi, c’est le renouveau, les bourgeons, les fleurs. Toutes les saisons ont leur charme et je n’en déteste aucune, mais les couleurs du printemps son tendre et comme je l’exprime dans mon œuvre : « Contrairement à l’automne, le printemps est visible ».
Qu’est-ce que cette expérience artistique vous a apporté personnellement ?
Cela m’a permis de me rendre compte que j’étais capable d’aller au bout de quelque chose malgré la maladie. Je ressens beaucoup de fierté, car c’est difficile de trouver sa place et d’oser quand on a la maladie de Parkinson. Cette expérience m’a donné le sentiment d’être inclue, et pas seulement lors de ce projet, mais en général avec le CRT. Cela fait maintenant 6 mois que je bénéficie de ce dispositif, et nous avons pu participer à beaucoup de sorties et d’événements. Par exemple, dernièrement, j’ai fait la visite du château de Versailles avec un superbe concert en fin de journée, et cela m’a rappelé mon enfance et mon adolescence.
J’ai aussi eu la chance de recroisé une ancienne amie, que je n’avais pas vue depuis une vingtaine d’années, qui m’a reconnu lors de l’exposition. Cela m’a fait chaud au cœur de la revoir, et nous avons pu discuter ensemble, chacune se donnant des nouvelles des enfants. Elle est revenue sur l’écrit que j’ai réalisé, ce qui m’a fait plaisir et m’a réconforté sur le sens que je souhaitais donner à mon œuvre.
Si vous deviez décrire cette expérience en un mot ou une phrase, lequel choisiriez-vous ?
Tout simplement : « fierté ».
Aimeriez-vous refaire une expérience artistique comme celle-ci ? Et si oui, sur quel thème ?
Oui, j’aimerais beaucoup refaire une expérience comme celle-ci, mais il faut savoir prendre son temps, car c’est un processus qui peut être long.
Cela m’a aussi donné envie de reprendre activement l’écriture.
Souhaitez-vous dire quelque chose à l’équipe du CRT de Lépine ou aux visiteurs de l’exposition ?
Quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, on peut toujours avancer. Il ne faut jamais abandonner.
Un grand merci aux équipes du CRT.
